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Ma Rivière Sans Plastique : la démarche scientifique

Dans le cadre du projet Ma Rivière Sans Plastique, la première étape consiste, avant de mener une réflexion collective sur les solutions à mettre en place, à dresser un état des lieux de la pollution par les déchets sur le bassin de la Sarthe. Plusieurs ramassages vont donc être organisés entre juin 2022 et janvier 2023 en suivant une démarche scientifique particulière pour catégoriser les déchets et mesurer les microplastiques.

Crédits photo : Aële CHEHMANA

Des lieux de ramassage cohérents

Cinq sites ont été retenus sur le bassin de la Sarthe pour évaluer la présence de déchets sur la rivière : Neuville-sur-Sarthe, Champagné, Allonnes, Malicorne-sur-Sarthe et Cheffes.

Les différents lieux ont été choisis pour mesurer la présence des déchets « au fil de l’eau ». Neuville-sur-Sarthe et Champagné vont nous permettre d’évaluer la pollution en amont du Mans, sur la Sarthe mais également sur l’Huisne, son affluent ; puis le site d’Allonnes, après la confluence des deux rivières, permettra d’estimer l’impact de la présence de l’agglomération mancelle ; Malicorne-sur-Sarthe puis Cheffes se situent eux en aval, avant la confluence avec le Loir, afin de mesurer une éventuelle accumulation dans les déchets.

Le classement des déchets selon le protocole OSPAR

Les ramassages de déchets en bord de rives vont suivre le protocole OSPAR, issu de la convention internationale Oslo-Paris pour la protection du milieu marin de l’Atlantique Nord : imaginé pour les ramassages des déchets sur les plages, il est ici adapté pour le milieu fluvial. En effet, 80% des déchets retrouvés dans l’océan proviennent en réalité de la terre et y sont acheminés par les rivières, d’où l’intérêt d’analyser ici la Sarthe.

Tout d’abord, un périmètre précis doit être délimité : les ramassages se feront sur une longueur de 100 mètres, entre la ligne d’eau et le niveau des plus hautes eaux. Les déchets ramassés sont donc ceux potentiellement recouverts par les eaux et polluant la rivière. Les ramassages auront lieu à trois périodes de l’année : en juin, à une hauteur d’eau « normale » ; en septembre-octobre pour un niveau bas (notamment avec la présence des écourues sur ce bassin) ; en décembre-janvier pour la période des hautes eaux – à adapter en fonction du contexte hydrologique.

Une fois ramassés, les déchets sont ensuite classés selon une grille d’analyse. Plusieurs catégories sont pré-listées et le nombre de déchets de ce type retrouvés doit y être indiqué. À la fin de tous les ramassages, nous pourrons ainsi avoir une idée précise du nombre de déchets retrouvés mais aussi de quel type (bouteilles en verre ou en plastique, mégots, déchets sanitaires, déchets de pêche, déchets agricoles, morceaux de plastiques déjà décomposés…) et donc réfléchir aux solutions les plus adaptées. L’intérêt de se baser sur un protocole commun et reconnu est également de pouvoir comparer entre les différents sites du projet Ma Rivière Sans Plastique mais aussi d’autres sites où ce dernier serait appliqué.

Pour plus de détails, vous pouvez télécharger un exemplaire du tableau d’identification selon les catégories du protocole OSPAR ainsi que le guide photo associé :

Les relevés microplastiques

En plus des 15 ramassages de déchets sur les berges de la rivière, des relevés des microparticules, notamment de plastiques, seront réalisés directement dans l’eau. Un filet à la maille très resserrée (filet manta) sera installé (plongé 30 minutes dans l’eau) sur trois sites par notre partenaire Expédition Méditerranée et des filets artisanaux La Pagaie Sauvage compléteront le dispositif. Les microdéchets ainsi collectés seront examinés afin d’en déterminer la nature.

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Ce projet est rendu possible grâce à nos partenaires (Citeo, Agence de l’eau Loire Bretagne, Nat&Form…), merci à eux !