Renonciation aux permis miniers en Mayenne et en Vendée

Photo libre de droit

FNE Pays de la Loire, FE 53, FNE Vendée et l’association Pays de Loiron Environnement ont appris la liquidation de la société SGZ France, qui menait plusieurs projets d’exploration minière en région des Pays de la Loire. Il en résulte la renonciation au projet minier d’Olivet en Mayenne et de Vendrennes en Vendée auxquels nous étions opposés en raison de ses importants impacts environnementaux prévisibles. Cette excellente nouvelle enterre pour l’heure les velléités de relance de l’activité minière en Pays de la Loire.

Dissolution de la société SGZ

Après TENNIE (72 et 53), Saint Pierre Montlimart (49),  les permis exclusifs de recherche minière (PERM) d’Olivet (53) et de Vendrennes (85) sont officiellement abandonnés.

Une lettre du ministère de l’environnement du 8 avril 2019 répond aux interrogations de FNE Pays de la Loire, Vendée Nature Environnement, FE53 et Pays de Loiron Environnement, suite aux déclarations des actionnaires annonçant dans un premier temps la vente de SGZ France, puis finalement sa dissolution pure et simple : il apparait que la société, mise en liquidation depuis décembre 2018, a présenté auprès du ministère chargé des mines une demande de renonciation au permis exclusif de recherches de Vendrennes qui lui avait été accordé le 6 mars 2017. Une décision à venir du ministère devrait prochainement entériner cette renonciation, aucun début de travaux n’ayant été engagé sur place.

« Cette décision n’est qu’une demie surprise tant le sérieux et la capacité de SGZ France à mettre en œuvre ses projets miniers laissaient dubitatifs » explique Jean-Christophe Gavallet, président de FNE Pays de la Loire. Il n’en reste pas moins que cette annonce est un grand soulagement.

Une mobilisation massive contre le projet minier en Mayenne

Pour rappel, la demande d’un  PERM dit « Permis Olivet » a été sollicité par SGZ en Février 2015, donnant lieu à une consultation expresse des élus (1 mois !) en aout 2015 par  le préfet de la Mayenne. Une consultation publique avait suivi en décembre 2016, avec des avis défavorables donnés par nos associations en raison notamment des atteintes possibles à la ressource en eau générées par ce projet. Pays de Loiron Environnement s’était alors emparée résolument du dossier, faisant de l’information, organisant des réunions dans les communes et  lançant les bons de refus : des engagements des propriétaires à refuser la pénétration des éventuels prospecteurs SGZ, si le PERM devait être accordé. Ce sont plus de 375 propriétaires privés et publics qui s’engagent pour une surface de 5200ha, soit 15% de la surface demandée dans le PERM. 5 communes signent des bons de refus pour les terrains privés et publics de la commune. Parallèlement, des courriers sont adressés aux élus mayennais, qui interpellent jusqu’à l’Assemblée Nationale le ministre de l’Économie en charge de délivrer les PERM, des rencontres avec le représentant de l’État en Mayenne, une rando-vélo pour découvrir les territoires impactés par les anciennes activités minières.

La nécessité d’une réelle stratégie d’économie circulaire

Pour mémoire, la  société australienne Scotgold  Resources Ltd avait créé en 2014 sa filiale SGZ  France  en vue d’explorer dans nos régions des possibilités de relance de l’exploitation  minière. La demande d’un  permis exclusif de recherches dit « Permis Vendrennes », visant de potentiels gisements d’antimoine, avait été déposée par SGZ en février 2015. Elle concernait vingt-deux communes du bocage vendéen pour un territoire couvrant au total un territoire de 303 km². Cette demande avait fait l’objet d’une consultation publique en décembre 2016, ayant donné lieu à des avis défavorables émis par nos associations, en raison notamment des atteintes à la ressource en eau qu’un tel projet était susceptible de produire.

La preuve est aujourd’hui faite que l’initiative de la société SGZ s’apparentait à une démarche de pure spéculation financière, qui a failli se solder par la revente des titres miniers à peine octroyés !

Dans leurs avis, nos associations appelaient à ce que la pertinence des projets miniers soit interrogée au regard d’une stratégie privilégiant le développement de l’économie circulaire. Les matériaux que l’industrie minière vise à extraire entrent dans la composition de certains appareils électroniques du quotidien qui dorment pour certains d’entre eux dans nos tiroirs : en France, seulement 15% des téléphones portables sont ramenés pour être recyclés. FNE Pays de la Loire et ses associations membres avaient ainsi organisé en 2017 et 2018 une campagne de récupération de téléphones portables afin de sensibiliser aux enjeux du recyclage de ces objets aussi répandus que rapidement considérés comme obsolètes. Après l’abandon, en 2018, des permis de recherche bretons et d’autres en Pays de la Loire, cette annonce délivre nos territoires d’une menace. La relance minière et les risques qu’elle génère pour l’environnement ne sont pas pour autant abandonnés en tout endroit du territoire national, alors même qu’une réforme ambitieuse du code minier se fait toujours attendre. « Nous appelons plus que jamais à la formalisation d’une stratégie ambitieuse d’économie circulaire qui évalue nos besoins en matériaux rares tout en prenant acte de l’abandon de projets miniers aventureux afin de favoriser les filières du recyclage » indique Yves le Quellec, président de FNE Vendée.