route inondée
Actualité
Eau
Ville et territoires

Inondations : le temps de la décrue et des leçons

Publié le 27 février 2026

À l’heure où les niveaux et débits des cours d’eau ligériens repartent à la baisse, FNE Pays de la Loire, fédération régionale d’associations de protection de l’environnement, apporte son soutien aux personnes sinistrées et appelle de ses vœux des réactions politiques de long terme en faveur de l’adaptation au changement climatique et dans le respect de l’environnement.

Des inondations « exceptionnelles » ?

Les Pays de la Loire ont été fortement impactés par les inondations, en particulier en Maine-et-Loire, avec des niveaux historiques atteints. Les impacts de ces phénomènes naturels dépendent de la conjonction de nombreux facteurs, s’ajoutant à une météorologie d’une intensité remarquable (perturbation de l’écoulement des eaux en raison de certains aménagements, artificialisation, sols appauvris saturés, destructions des milieux aquatiques et zones humides, accélération du cycle de l’eau, emplacement d’activités humaines en zone inondable connue…). Mais une chose est sûre : le changement climatique va se traduire par une récurrence accrue des phénomènes extrêmes (inondations mais aussi sécheresses) et de leur intensité 1.

Des territoires robustes pour mieux passer les crises 

Si l’inondation résulte d’une forte quantité d’eau tombée sur un bassin et de la capacité de ce dernier à l’absorber, il est possible d’agir sur les facteurs aggravant les impacts du phénomène. Tout d’abord, il est urgent de cesser la destruction des zones humides, qui se caractérisent par leur capacité à stocker naturellement l’eau. De même, de nouvelles constructions en zones inondables ne doivent plus être autorisées. Au-delà, en matière d’aménagement, il est indispensable de ralentir le cycle de l’eau, en renaturant les cours d’eau, en laissant libre cours à leur débordement (et à la recharge des nappes) dans des zones d’expansion des crues, de désimperméabiliser les sols (dans les villes mais aussi dans les campagnes, en réhabilitant les sols drainés, tassés et pauvres en matière organique) et de replanter des haies. Il est également indispensable d’adapter nos systèmes d’assainissement (plusieurs rejets polluants ont eu lieu dans la métropole angevine inondées ces derniers jours). Enfin, est-il encore nécessaire de le rappeler ?, les actions pour limiter le réchauffement climatique doivent se poursuivre avec détermination. 

Attention aux fausses bonnes idées

Si les digues peuvent permettre de protéger les habitations présentes en zone inondable, elles ne sont pas infaillibles. Leur entretien coûte cher et leur dimensionnement peut ne pas être adapté aux crues les plus importantes alors qu’elles créent un faux sentiment de sécurité. Il est donc indispensable de faire vivre la culture du risque et d’adapter les habitations existantes à la possibilité d’une crue (batardeaux, clapets antiretour, kit d’urgence…).

Autre solution miracle qui en réalité n’en est pas une : le stockage de « toute cette eau perdue ». Au regard des volumes en question sur la Loire, le stockage serait sans incidence sur le risque inondation ; et d’ailleurs, où prétendrait-on stocker de telles quantités d’eau ? S’il peut permettre d’alimenter des usages, notamment d’irrigation, le stockage doit être pensé en substitution de prélèvements estivaux et être encadré pour limiter son impact sur l’environnement. De plus, les crues peuvent ne pas avoir lieu tous les hivers et un remplissage insuffisant des réserves pourrait mettre en péril tout système de production qui miserait uniquement sur une « ressource » naturellement aléatoire…

En conclusion, comme le résume Jean-Christophe GAVALLET, président de FNE Pays de la Loire : 

« De nombreuses solutions, fondées sur la nature, existent pour réduire notre vulnérabilité face au risque inondation. Nous avons besoin de politiques ambitieuses pour les mettre en œuvre sur le long terme, notamment dans les syndicats en charge de la GEMAPI, avec des moyens financiers correspondants, plutôt qu’un techno-solutionnisme de façade qui limite notre adaptabilité au changement climatique ».


Pour aller plus loin

 

1Selon la formule de Clausius-Clapeyron, à une élévation de 1°C de la température de l’atmosphère correspond une augmentation de 7 % du taux d’humidité. Les quantités d’eau relâchées par la pluviométrie sont alors d’autant plus importantes.